
Dans les années 1920, l’Institut de paléontologie Humaine (IPH) de Paris, créé en 1910 en lien avec le Muséum, s’était imposé comme une référence scientifique en Europe pour l’étude de la paléontologie humaine. Il fédérait une communauté internationale de chercheurs (préhistoriens, anthropologues), à une époque – après la Première Guerre mondiale – où les congrès internationaux se réunissaient plus rarement et où ce domaine de recherche apparaissait de plus en plus fragmenté selon les lignes des différents nationalismes actifs en Europe.
Les sites fréquentés par les chercheurs servaient à des chercheurs venant du monde entier de chantiers-écoles pour les techniques de fouilles et ses laboratoires enseignaient et favorisaient la diffusion de techniques innovantes d’étude des collections.
L’IPH était explicitement cité comme modèle pour l’Institut italien de paléontologie humaine (IsIPU). Fondé en 1927, il réussit à imposer son monopole sur le territoire italien pour l’étude des cultures paléolithiques.
Pour cette communication, j’intégrerai à la description des relations scientifiques entre l’IPH et son homologue italien, l’analyse du réseau qu’un de ses chercheurs, l’abbé Henri Breuil, entretenait avec une autre institution basée à Rome : le Musée missionnaire-ethnologique du Vatican. A partir de l’analyse de ces réseaux de chercheurs, ma présentation s’intéressera à la construction du domaine internationale de la recherche en paléontologie de l’entre-deux-guerres.
Maddalena Cataldi (CNRS, LaHRA)