Archives de catégorie : Résumés

Le moine algérien “Coco”, les savants et les pêcheurs. Histoire des phoques de Méditerranée (Monachus monachus, Hermann 1779) des collections du Muséum national d’histoire naturelle

France-Illustration, 19 avril 1952

Les visiteurs qui parcourent aujourd’hui les allées des muséums européens ne font pas toujours le lien entre les dépouilles des animaux naturalisés qu’ils observent et les trajectoires sinueuses qui ont précédé leur entrée dans les collections. Avant leur patrimonialisation, les bêtes sauvages ont pour beaucoup connu plusieurs années de captivité au service des mondes du spectacle et de la science, sillonnant les routes, traversant parfois plusieurs mers et plusieurs continents. Par millions, ces destinées tragiques et oubliées rappellent combien le commerce et le travail des animaux sauvages augmenta considérablement au milieu du XIXe siècle, en lien étroit avec l’affirmation d’une société des loisirs en Occident et l’expansion des empires coloniaux européens. Les mammifères marins n’ont pas échappé à ces vies de labeur forcé. L’histoire du phoque « Coco » du Jardin des plantes, qui défraya la chronique au début des années 1950, en est une illustration manifeste. Son parcours de captivité révèle les liens entre exploitation animale, monde du spectacle, science et évolution des regards portés sur les espèces menacées.

Hugo Vermeren (CNRS, TELEMMe – Temps, espaces, langages, Europe méridionale, Méditerranée)

Sortir du cadre ? Carrières et réseaux des dessinateurs de la collection des vélins du Muséum (1840-1880) : l’émergence de parcours atypiques

Alfred Riocreux, Tillandsia tortilis, 1843, aquarelle sur vélin. Muséum national d’histoire naturelle, Collection des vélins, portefeuille 75, folio 10.

En 1844, Ange-Louis-Guillaume Lesourd-Beauregard fournit pour la collection des vélins une aquarelle botanique représentant une cinéraire (Pericallis cruenta). Il s’agit de l’une des deux seules contributions à cette collection que cet artiste, nommé maître de dessin pour les plantes au Muséum national d’histoire naturelle en 1841, réalise au cours de sa carrière. Pierre-Joseph Redouté, son prédécesseur direct à ce poste, avait quant à lui fourni plus de six-cents planches pour cette importante collection d’iconographie d’histoire naturelle, unique tant du fait de sa longévité que du fort lien qui l’unit à l’institution. Continuer la lecture de Sortir du cadre ? Carrières et réseaux des dessinateurs de la collection des vélins du Muséum (1840-1880) : l’émergence de parcours atypiques

De la numérisation à la patrimonialisation des collections botaniques : les herbiers de Jean-Jacques Rousseau

Bien que les activités botaniques de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) aient été plus volontiers observées à travers ses textes autobiographiques, ses écrits scientifiques ou pédagogiques, il pratique intensément la botanique pendant les quinze dernières années de sa vie. À partir des années 1760, il rassemble à cet effet des herbiers pour son propre usage ou dans la perspective de les offrir. Pour ce botaniste amateur méticuleux, ils représentent à la fois des objets scientifiques, des outils pédagogiques et des œuvres à portée esthétique. Or ces herbiers sont longtemps restés difficilement accessibles en raison de leur dispersion dans plus d’une dizaine d’institutions patrimoniales européennes, les plus volumineux étant conservés à la BPU de Neuchâtel et au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Continuer la lecture de De la numérisation à la patrimonialisation des collections botaniques : les herbiers de Jean-Jacques Rousseau

Une autre histoire du Muséum à l’orée du XIXe siècle : une institution et ses personnels subalternes

Jardin écologique – Jardin des Plantes © MNHN – F.-G. Grandin

Pour relater l’histoire d’une institution scientifique telle que le Muséum d’Histoire naturelle, se distinguent couramment trois approches historiographiques. La première, souvent le fait d’acteurs de l’institution elle-même, laquelle en assure par ailleurs la publication, est de retracer son histoire depuis les circonstances de sa fondation jusqu’à une date importante dans la chronologie de son évolution. La commémoration en est l’évènement congru, suivant en cela la tradition historienne dix-neuvièmiste. La deuxième est de la raconter sous l’angle de ses grandes figures de la science, de leurs querelles et des controverses sur la meilleure façon d’appréhender, de décrire et d’ordonner la nature : ce sont alors des monographies sur ses fondateurs, ses dirigeants, ses savants, ses professeurs, soit toute personne qui, de par sa réputation scientifique ou politique, a participé à la renommée de l’institution. Dans la troisième approche, le point de vue adopté est de relater l’histoire de ses chaires d’enseignement, de ses collections quand elle en possède, collections enrichies par ses propres savants, par les correspondants voyageurs ou sédentaires qu’elle nomme et missionne en son nom.

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Poussière d’oiseaux. Une autre histoire de la mission Dakar-Djibouti

L’exposition « Mission Dakar-Djibouti (1931-1933) : contre-enquêtes », qui s’est déroulée du 15 avril au 14 septembre 2025 au musée du quai Branly-Jacques Chirac, a été l’occasion de documenter la provenance et les modalités d’acquisition (achat, don, vol, saisie, réquisition, etc.) de très nombreux objets majoritairement conservés dans les réserves du musée. Mais elle a aussi permis de réassembler des collections séparées dès le retour de cette expédition transcontinentale, souvent considérée comme fondatrice de l’ethnologie française.

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